Non au contournement d’Ussel

Une annonce de la région Auvergne-Rhône-Alpes de subventionner tout nouveau tracé routier à hauteur de 50%, a fait resurgir des projets routiers destructeurs, dont le contournement d’Ussel, en Planèze de Saint-Flour dans le Cantal. Envisagé il y a trente ans et abandonné car jugé trop coûteux et injustifié, le projet est aujourd’hui imposé par le Conseil Départemental, sans concertation des habitant-es ni accord de la Mairie. C’est en réponse à ce manque de dialogue que le Collectif Non au contournement d’Ussel a vu le jour. Il se bat aujourd’hui pour porter la voix de la population contre ce projet.

PAROLE
DU COLLECTIF

Témoignage de Michel Alriq, membre du collectif

"On a un site exceptionnel d’un point de vue géomorphologique, on a une biodiversité extraordinaire car on a à la fois une zone humide, un système de haies et des côtes avec une pelouse sèche. Pourtant, ils choisissent ce site pour faire passer une route qui va venir la polluer et la saccager.

 

Le Département met en avant des problèmes de sécurisation. Selon lui, il faut absolument sécuriser la traversée du village d’Ussel, alors qu’il a demandé un retour aux 90 km/h et qu’il n’y a jamais eu d’accidents dans la traversée d’Ussel. D’autant plus qu’il est possible de sécuriser cette zone simplement en ajoutant aux carrefours des voies d’attente pour tourner. Cela réduirait de moitié l’artificialisation des sols, on passerait de plus de 8 hectares de sols goudronnés à 4 hectares.

 

L’autre problème est que la parole de la population directement concernée n’est pas prise en compte. Une entrevue a eu lieu entre le collectif et les décideurs du département, mais nos demandes n’ont pas été considérées. Les élus municipaux n’arrivent pas non plus à se faire entendre. La réponse qui nous revient toujours des trois mairies concernées est que “peu importe que nous soyons maires, peu importe que nous représentions notre population, le département décide sans tenir compte de notre avis et on n’y peut rien”. La population ici est donc bien souvent fataliste, il y a une sorte d’autocensure dans la démarche citoyenne, et c’est ce qu’on essaye de modifier. 

 

On vient aussi de former une sorte de fédération d’une dizaine de collectifs et d’associations qui menaient des combats isolés dans le département (dont d’autres contournements à Mauriac, à Murat, et à Aurillac). On se retrouve autour de la protection des terres, la protection des ressources en eau, et une demande de plus en plus forte de prise en compte de la démocratie participative, ou en tout cas de la parole de la population. On constate que l’union fait la force car les médias réagissent, on parvient plus à se faire entendre. Mais est-ce qu’on arrivera pour autant à se faire entendre par les décideurs ? 

 

En dernier recours, si on ne parvient pas à obtenir de discussion constructive avec les décideurs et si on se retrouve face à un État aveugle, on sera obligés de faire un recours juridique, sachant que ça coûte financièrement, qu’on ne sait jamais si ca va aboutir à quelque chose ou pas, mais ce n’est pas une éventualité qu’on laisse de côté.

 

Au départ tout le monde était surpris parce que personne ne voulait de ce contournement. Puis on a compris qu’à quelques kilomètres d’ici, de l’autre côté d’Ussel, une immense zone humide de près de 400 hectares, possède dans son sous-sol un gisement de diatomite, roche à partir de laquelle est extraite la silice, matériau traité par l’usine que nous avons à huit kilomètres d’ici, à Murat. Si l’usine de Murat veut exploiter cette zone humide, il faut absolument passer par le village d’Ussel, or ils savent très bien que s’ils passent par le village d’Ussel avec des camions, ils vont avoir toute la population à dos, d’où l’intérêt de faire un contournement. De plus, ils expliquent que le contournement leur permettrait un gain de temps, mais ne leur ferait gagner que 50 secondes, peut-être une minute, sur un trajet d’une heure, pour une estimation de cinq millions d’euros et en saccageant des terres agricoles.

 

Souvent on entend que les problèmes environnementaux ne nous concernent pas car le Cantal c’est le pays vert, c’est la pleine nature mais ici aussi l’environnement est en train de se dégrader et il ne faut pas beaucoup de recul pour s’en rendre compte. Étant né sur dans le secteur, j’ai vu des tas d’espèces disparaître ou qui se sont tellement raréfiées qu’on n’arrive plus à les voir. Si l’usine de Murat parvient à exploiter ce site, qui est pourtant un site naturel très riche, l’effondrement de la biodiversité va encore s'accélérer."

Non au contournement
d’Ussel !

Une annonce de la région Auvergne-Rhône-Alpes de subventionner tous les nouveaux tracés routiers à hauteur de 50% a fait resurgir des projets routiers dont le contournement d’Ussel dans le Cantal. Envisagé il y a trente ans et abandonné car jugé trop coûteux et injustifié, le projet est aujourd’hui imposé par le Conseil Départemental, sans concertation des habitant·e·s ni accord de la Mairie. En réponse, le Collectif "Non au contournement d’Ussel" a vu le jour et porte la voix de la population contre ce projet.