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Collectif des femmes d’Hellemmes-Ronchin

A Hellemmes-Ronchin, la pollution est partout.

Du goudron, des camions-citernes, une cimenterie, une usine de concassage, un champ aspergé de pesticides à longueur d’année...  Autant de sources de pollutions qui rendent la vie intenable pour les habitants et habitantes de “l’aire d’accueil des gens du voyage” d’Hellemmes-Ronchin.

Installés sur cette aire depuis 15 ans, leur lutte pour demander une réinstallation a commencé en 2013, quand le collectif des "femmes d'Hellemmes-Ronchin" s’est constitué pour interpeller la métropole de Lille sur les conditions de vie spécifiques à leur "aire d’accueil".

PAROLE
DU COLLECTIF

Témoignage de Sue-Ellen Demestre

Depuis la loi Besson, qui impose aux communes de plus de 5000 habitants d’avoir une aire d’accueil, les enfants doivent obligatoirement être scolarisés. On ne voyage donc plus pour que les enfants puissent aller à l’école, et on est catalogués sédentaires. On est Français mais on n'est pourtant pas logés comme des Français. La métropole européenne de Lille a fait une erreur et a transgressé la loi en créant un terrain sur une zone déjà polluée. A l’époque, il y a 15 ans, il n’y avait que l’usine à béton à côté, qui avait tous les droits d'être là parce qu'elle avait été construite et était en activité avant notre arrivée. C’est la métropole de Lille qui nous a placés dans cet endroit reculé et pollué. Elle a ensuite reconnu son erreur, mais ne fait rien pour nous, on vit toujours les conséquences de cette erreur.

Quand l’usine de concassage a été créée, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase,

on ne pouvait plus rester là sans rien faire. Les terrains où on est accueillis sont sales, ceux qui nous ont placés là nous prennent pour des déchets. Face à cela, on veut faire évoluer nos droits et montrer ce qu’il se passe. On se révolte parce qu’on est toutes des mères et que nos enfants sont malades. A chaque fois qu’il y a un nouveau-né ici il est tout le temps malade, et l’environnement autour ne permet pas de guérir. On veut aussi prouver à tout le monde que les femmes peuvent agir et changer les choses. C’est assez inédit, parce qu’il n’existe aucun autre collectif de femmes chez les gens du voyage. Et depuis que le collectif est créé, les hommes disent qu’ils voient les changements. Mais l’objectif principal du collectif est de montrer où on vit, faire connaître les atteintes à notre environnement proche et dénoncer la métropole européenne de Lille.

On a créé le collectif avant tout parce qu’on veut que tout le monde sache où on vit, et on veut dire que ça empire. Pour le moment, on a réussi à se faire connaître grâce à des films, à des manifestations, et grâce au soutien que nous apportent d’autres collectifs et associations.

Dans la métropole européenne de Lille, il y a au moins une quinzaine de terrains comme celui-ci, mais c’est sur le nôtre qu’il y a le plus de problèmes respiratoires, et ça ne fait qu'empirer au fil des années.

L’air est irrespirable, il y a tout le temps de la poussière, on en a dans la bouche, on a mal aux yeux, et on est toute la journée là. L’été c’est encore pire, mais on n’a pas le choix d’être dehors car il fait 40°C et dans les caravanes il fait encore plus chaud.

Quand il pleut, on a moins de poussière, car elle est au sol, mais l’aire est souvent inondée,

et tout devient bouché. A cause de la poussière on a beaucoup de problèmes. Une d’entre nous, qui a 75 ans, doit se faire opérer des yeux, elle a une fille à l’hôpital pour un cancer de l’estomac et elle a perdu trois enfants, deux d’un cancer et un d’une crise cardiaque. Les personnes sujettes au cancer l’attrapent automatiquement ici. On a aussi des migraines, des maladies de peau, des problèmes ophtalmologiques, de l’asthme, des bronchites chroniques...

 

Les enfants sont particulièrement touchés, la moitié ont des problèmes respiratoires. Pour ne rien arranger, on ne dort pas beaucoup car le bruit des camions nous réveille tous les jours à partir de 4 heures du matin. Mais on ne peut pas être relogés car on n’a pas de place ailleurs, ou est-ce qu’on pourrait aller ? On n’a pas d’autres solutions que de rester ici. Nous sommes isolés.

 

Avant, on voyageait tout le temps, on faisait le tour de la région et on n‘était jamais malades, on ne savait pas ce qu’était l'hôpital, on ne connaissait pas les docteurs, on faisait un peu de tisane et ça passait. Maintenant on les voit tous les jours. En plus de cela, on peine à trouver de travail car on est victimes de discrimination. Beaucoup d’entre nous ont du mal à s’en sortir.

Ça fait 8 ans que le collectif est créé, 8 ans que nous répétons les mêmes choses. Nous demandons à ce que la métropole de Lille prenne ses responsabilités pour garantir nos droits. 

COMMENT LES AIDER ?

Collectif des femmes d’Hellemmes-Ronchin

A Hellemmes-Ronchin, la pollution est partout. Goudron, camions-citernes, cimenterie, usine de concassage, champ aspergé de pesticides... Un environnement qui rend la vie intenable pour les habitant·e·s de “l’aire d’accueil des gens du voyage”. Installé·e·s sur l’aire depuis 15 ans, leur lutte pour demander une réinstallation a commencé en 2013, quand un collectif de plusieurs habitantes s’est constitué pour interpeller la métropole européenne de Lille sur leurs conditions de vie.